La physionomie de Barbaja s'éclaircit, son front se déride, un sourire de satisfaction erre sur ses lèvres.

—Eh bien, monsieur! s'écrie la mère dans la plus grande anxiété, que pensez-vous de ma fille?

—Eh, madame! la voix n'est pas mauvaise, mais du diable si j'ai pu comprendre un seul mot.

Une autre fois (on était en plein hiver) on répétait un opéra nouveau, et les chanteurs chargés des premiers rôles, désolés de quitter leur édredon, étaient toujours en retard. Barbaja, furieux, avait juré la veille de mettre à l'amende le premier qui ne se trouverait pas à l'heure, fût-ce le ténor ou la prima donna elle-même, pour faire un exemple.

La répétition commence, Barbaja s'éloigne un peu vers le fond d'une coulisse pour gronder le machiniste; tout à coup les voix se taisent, l'orchestre s'arrête, on attend quelqu'un.

—Qu'y a-t-il? s'écrie l'impresario en se précipitant vers la rampe.

—Rien, monsieur, répond le premier violon.

—Qu'est-ce qui manque? Je veux le savoir.

—Il manque un .

—A l'amende.