—Bah! laissez donc, répondis-je en écartant ma chemise et en lui montrant ma poitrine, ce n'est pas à moi qu'il faut dire cela; d'ailleurs, ce n'est pas difficile: on se met chacun dans un tonneau, on se fait lier le bras gauche autour du corps, on convient de se battre à un pouce, à deux pouces ou à toute la lame, et on gesticule. Quant à ce dernier point, c'est déjà réglé; et, sauf votre plaisir, nous nous battrons à toute lame, car vous avez si bien frappé, qu'il n'en était pas resté une ligne hors de la blessure.

—Et si je refuse?

—Ah! si vous refusez, c'est autre chose: je vous mettrai à terre comme j'ai dit, je vous donnerai une heure pour gagner la montagne, et puis je préviendrai le juge; alors, c'est à vous de bien vous tenir, parce que, si vous êtes pris, voyez-vous, vous serez pendu.

—Et si j'accepte le duel et que je vous tue?

—Si vous me tuez, eh bien! tout sera dit.

—Ne me poursuivra-t-on pas?

—Qui cela? mes amis?

—Non, la justice!

—Allons donc! est-ce qu'il y a un seul Sicilien qui déposerait contre vous parce que vous m'auriez tué loyalement? Pour m'avoir assassiné, à la bonne heure.

—Eh bien! je me battrai; c'est dit.