—Alors, dormez tranquille, nous recauserons de cela à Contessi ou à la Scaletta. Jusque-là, le bâtiment est à vous, puisque vous le payez; promenez-vous-y en long et en large; moi, je rentre chez moi.

Je descendis dans l'écoutille. Je réveillai Pietro, et je lui racontai tout ce qui venait de se passer. Quant à Nunzio, c'était inutile de lui rien raconter à lui; il avait tout entendu.

—C'est bon, capitaine, dit Pietro; soyez tranquille, nous ne le perdrons pas de vue.

Le lendemain, à deux heures de l'après-midi, nous arrivâmes à la Scaletta; je consignai l'équipage sur le bâtiment, et nous descendîmes dans le canot, Gaëtano Sferra, Pietro, Nunzio et moi.

En mettant pied à terre, Nunzio et Pietro se placèrent l'un à droite, l'autre à gauche de notre homme, de peur qu'il ne lui prît envie de s'échapper; il s'en aperçut.

—Vos précautions sont inutiles, capitaine, me dit-il; du moment où il s'agit d'un duel, que ce soit au pistolet, à l'épée ou au couteau, cela ne fait rien, je suis votre homme.

—Ainsi, repris-je, vous me donnez votre parole d'honneur que vous ne chercherez pas à vous échapper?

—Je vous la donne.

Je fis un signe à Nunzio et à Pietro, et ils le laissèrent marcher seul.

—C'est égal, dit Pietro se mêlant de nouveau à la conversation, nous ne le perdions pas de vue, tout de même.