—Nous demandons des lois qui changent ces mœurs.

—Impossible. Les mœurs modifient quelquefois les lois; les lois ne modifient pas les mœurs.

—Soit; je cours la chance de la honte pour avoir l'enfant; car, mon enfant, je pourrai au moins le garder?

—Peut-être!

—Comment, peut-être? qui me le prendrait?

—Son père.

—Mais puisqu'il ne sera pas mon mari.

—Il pourra le reconnaître, et, si tu as approuvé la reconnaissance et que ce soit un garçon, c'est-à-dire ton soutien et ton défenseur dans l'avenir, son père pourra te le prendre quand il aura sept ans, en prouvant qu'il a, lui, le père, plus de moyens d'existence que toi, ce qui arrive presque toujours; mais ne crains rien: le père tient bien rarement à élever son enfant, à moins que ce ne soit pour se venger de la mère.

—Se venger, et de quoi? —Nous ne savons pas; cela rentre dans la conscience.

—Mais je puis nier, m'a-t-on dit, que cet homme soit le père de mon enfant.