Je jetai les yeux sur Grégoriska: il n'était plus pâle, il était livide.
En effet, le cheval du comte Koproli était rentré un soir dans la cour du château, tout couvert de sang, et, une heure après, les serviteurs avaient retrouvé et rapporté le corps couvert de blessures.
Smérande prit une torche des mains d'un des valets, s'avança vers la porte, l'ouvrit et descendit dans la cour.
Le cheval, tout effaré, était contenu, malgré lui, par les trois ou quatre serviteurs qui unissaient leurs efforts pour l'apaiser.
Smérande s'avança vers l'animal, regarda le sang qui tachait sa selle et reconnut une blessure au haut de son front.—Kostaki a été tué en face, dit-elle, en duel et par un seul ennemi. Cherchez son corps, enfants, plus tard nous chercherons son meurtrier.
Comme le cheval était rentré par la porte de Hango, tous les serviteurs se précipitèrent par cette porte, et on vit leurs torches s'égarer dans la campagne et s'enfoncer dans la forêt, comme, dans un beau soir d'été, on voit scintiller les lucioles dans les plaines de Nice et de Pise.
Smérande, comme si elle eût été convaincue que la recherche ne serait pas longue, attendit debout à la porte.
Pas une larme ne coulait des yeux de cette mère désolée, et cependant on sentait gronder le désespoir au fond de son coeur.
Grégoriska se tenait derrière elle, et j'étais près de Grégoriska.
Il avait un instant, en quittant la salle, eu l'intention de m'offrir le bras, mais il n'avait point osé.