Une autre fois, deux officiers appartenant au parti ennemi, sont faits prisonniers par ses gens, qui se souviennent du supplice de leur compagnon, et qui, cette fois, les lui amènent vivants.—Il leur offre d’abandonner leur drapeau et de servir sous ses ordres.
L’un d’eux accepte,—l’autre refuse.
—C’est bien, dit-il à celui qui a accepté, montons à cheval et allons voir fusiller votre camarade.
Celui-ci, sans faire d’observation, s’empresse d’obéir, cause gaiement tout le long de la route avec Quiroga, dont il se croit déjà l’aide de camp, tandis que le condamné, escorté d’un piquet aux armes chargées, marche tranquillement à la mort.
Arrivé sur le lieu de l’exécution, Quiroga ordonne à l’officier qui a refusé de trahir son parti de se mettre à genoux;—mais, après le commandement: En joue! il s’arrête.
—Allons, dit-il à celui qui se croyait déjà mort, vous êtes un brave.—Prenez le cheval de monsieur, et partez.
Et il désignait le cheval du renégat.
—Mais moi? demande celui-ci.
—Toi, répond Quiroga, tu n’as plus besoin de cheval, car tu vas mourir.
Et malgré les supplications que lui adresse en faveur de son camarade celui qu’il vient de rendre à la vie, il le fait fusiller.