Ce n’est point à moi à formuler une opinion sur Mazzini; mais qu’il me soit permis de dire qu’après lui avoir posé sur la tête la couronne de laurier qu’il méritait, on lui enfonce sur la tête une couronne d’épines qu’il ne mérite pas.

A la chute d’Andrea Vacchieri, Mazzini avait poussé un véritable cri de guerre.

Il avait écrit dans la Jeune Italie:

«Italiens! le jour est venu, si nous voulons rester dignes de notre nom, de mêler notre sang à celui des martyrs piémontais.»

On ne criait pas impunément ces choses-là en France en 1833. Quelque temps après que je lui eus été présenté et que je lui eus dit qu’il pouvait compter sur moi, Mazzini, l’éternel proscrit, avait été obligé de quitter la France et de se retirer à Genève.

En effet, à ce moment-là, le parti républicain paraissait complétement anéanti en France. C’était un an à peine après le 5 juin, quelques mois après le procès des combattants du cloître Saint-Merri.

Mazzini, cet homme de conviction pour lequel les obstacles n’existent pas, avait choisi ce moment pour risquer une nouvelle tentative.

Les patriotes avaient répondu qu’ils étaient prêts, mais ils demandaient un chef.

On pensa à Ramorino, tout resplendissant encore de ses luttes en Pologne.

Mazzini n’approuvait pas ce choix; son esprit, à la fois actif et profond, le mettait en garde contre le prestige des grands noms; mais la majorité voulait Ramorino: Mazzini céda.