Appelé à Genève, Ramorino accepta le commandement de l’expédition. Dans la première conférence avec Mazzini, il fut convenu que deux colonnes républicaines se porteraient sur le Piémont, l’une par la Savoie, l’autre par Genève.
Ramorino reçut quarante mille francs pour subvenir aux frais de l’expédition, et partit avec un secrétaire de Mazzini, qui avait mission de veiller sur le général[4]. Tout cela se passait en septembre 1833; l’expédition devait avoir lieu en octobre.
[4] Ces événements, qui se passaient sur un point où n’était pas Garibaldi, et qui ne sont rapportés ici que comme explications historiques, sont empruntés à l’ouvrage d’Angelo Brofferio sur le Piémont.
Mais Ramorino fit traîner les choses tellement en longueur, qu’il ne fut prêt qu’en janvier 1834.
Mazzini, malgré toutes les tergiversations du général polonais, avait tenu ferme.
Enfin, le 31 janvier, Ramorino, mis en demeure par Mazzini, se réunissait à lui à Genève, avec deux autres généraux et un aide de camp.
La conférence fut triste et troublée par de sombres augures.—Mazzini proposa d’occuper militairement le village de Saint-Julien, où se trouvaient réunis les patriotes savoyards et les républicains français, qui restaient ralliés au mouvement.
C’était de là qu’on lèverait l’étendard de l’insurrection.
Ramorino consentit à la proposition de Mazzini. Les deux colonnes se mettraient en marche le même jour: l’une partirait de Carange, l’autre de Nyons; la dernière traverserait le lac pour se joindre à la première sur la route de San Juliano.
Ramorino gardait le commandement de la première colonne; la seconde était donnée au Polonais Grabsky.