Nous arrivâmes à Camacua: là, nous trouvâmes un Américain, nommé John Griggs, qui d’une ferme de Bento Gonzalès, qu’il habitait, était en train de surveiller l’achèvement de deux sloops.
J’étais nommé chef de cette flotte encore en construction, avec le grade de capitano tenente.
C’était chose curieuse que cette construction, et qui faisait honneur à cette persistance américaine bien connue. On allait chercher le bois d’un côté et le fer de l’autre; deux ou trois charpentiers taillaient le bois, un mulâtre forgeait le fer. C’est ainsi que les deux sloops avaient été fabriqués, depuis les clous jusqu’aux cercles en fer des mâts.
Au bout de deux mois la flotte fut prête. On arma chaque bâtiment de deux petites pièces en bronze; quarante noirs ou mulâtres furent adjoints aux trente Européens, et portèrent le rôle des deux équipages au chiffre de soixante et dix hommes.
Les lancions pouvaient être de quinze à dix-huit tonneaux l’un, de douze à quinze tonneaux l’autre.
Je pris le commandement du plus fort, que nous baptisâmes le Rio-Pardo.
John Griggs reçut le commandement de l’autre, qui s’appela le Républicain.
Rossetti était resté à Piratinin, chargé de la rédaction du journal le Peuple.
Nous commençâmes, aussitôt la construction achevée, à courir la lagune de los Patos. Quelques jours s’écoulèrent à faire des prises insignifiantes.
Les impériaux avaient à opposer à nos deux sloops, de vingt-huit tonneaux à eux deux, trente navires de guerre et un bateau à vapeur.