Il nomma Roselli général de l’expédition.

Quelques amis me poussaient à ne pas accepter cette position secondaire sous un homme qui, la veille encore, était mon inférieur.

Mais j’avoue que j’ai toujours été inaccessible à ces questions d’amour-propre; qu’on m’eût donné, fût-ce comme simple soldat, l’occasion de tirer l’épée contre l’ennemi de mon pays, j’eusse servi comme bersagliere. J’acceptai donc, avec reconnaissance, de servir comme général de division.

Le 16 mai, au soir, toute l’armée de la République, c’est-à-dire dix mille hommes et douze pièces de canon, sortit des murs de Rome par la porte San-Giovanni.

Parmi ces dix mille hommes, il y en avait mille de cavalerie.

En route, on s’aperçut que le corps de Manara, qui avait été désigné pour faire partie de l’expédition, manquait.

On envoya un officier d’état-major pour s’informer d’où venait que Manara, d’habitude le premier lorsqu’il s’agissait de marcher à l’ennemi, était cette fois le dernier.

On n’avait oublié qu’une chose: c’était de le prévenir. On le trouva furieux; il croyait avoir été seul écarté de l’expédition.

Nous passâmes le Teverone sur la route de Tivoli; là, nous appuyâmes à droite et arrivâmes, vers les onze heures du matin, à Zagarola, après une marche des plus fatigantes pour nos hommes. Quoique nous n’eussions pas fait beaucoup de chemin, nous avions marché seize heures. Cela tenait à la profondeur de la colonne. Nous avions une poussière intolérable. En outre, à certains endroits, la route était si étroite, que nous dûmes passer un à un.

En arrivant à Zagarola, nous ne trouvâmes ni pain ni viande; la division napolitaine avait mis bon ordre à la chose; elle avait tout mangé et, à peu près, tout bu.