Nous avions fait des pertes terribles.

La légion italienne avait, morts ou blessés, cinq cents hommes hors de combat.

Les bersaglieri, qui n’avaient eu que six cents hommes engagés, eurent cent cinquante morts.

Toutes les autres pertes furent dans la même proportion. La perte entière de ma division de quatre mille hommes fut de mille, parmi lesquels cent officiers.

Le soir, Bertani, dans son rapport, me compta cent quatre-vingts officiers blessés, tant à la villa Corsini qu’à la porte du Peuple; les bersaglieri seuls eurent deux officiers tués et onze blessés.

Les officiers tués furent: le colonel Daverio, le colonel Marina, le colonel Pollini, le major Ramorino, l’adjudant-major Peralta, le lieutenant Bonnet, le lieutenant Cavalleri, Emmanuel, le sous-lieutenant Grani, le capitaine Dandolo, le lieutenant Scarani, le capitaine Davio, le lieutenant Sarete, le lieutenant Cazzaniga.

Il y eut, dans cette journée, des traits de courage et de dévouement admirables.

Dans la dernière charge, Ferrari et Mangiagalli, qui n’avaient pas pu entrer avec nous, se jetèrent, avec quelques hommes qui les suivirent, sur la villa Valentini.

Là, ils eurent à surmonter la résistance la plus acharnée: ils combattirent d’escalier en escalier, de chambre en chambre, non plus avec les fusils,—les fusils étaient devenus inutiles, mais avec le sabre. Celui de Mangiagalli se brisa à la moitié de la lame; mais, avec le tronçon, il continua de frapper et frappa si bien, Ferrari frappant de son côté, qu’ils restèrent maîtres de la villa Valentini.

Le sergent-fourrier Monfrini, âgé de dix-huit ans, avait eu la main droite percée d’un coup de baïonnette; il alla se faire panser et, un instant après, revint prendre son rang.