Le major Calvandro avait la surveillance extérieure de cette ligne; le colonel Rossi, le service de ronde dans l’intérieur.

Après avoir disposé tous les avant-postes, le major était occupé à donner ses instructions aux capitaines Stambio et Morandoli quand, vers onze heures de la nuit, un certain bruit, pareil à celui de quelque chose qui se brise, se fit entendre vers les bastions nos 2 et 3.

Quelques coups de fusil suivirent ce bruit, et tout rentra dans la nuit et dans le silence.

Qu’était-il arrivé?

Que les Français s’étaient présentés tout à coup devant la brèche, non pas comme un ennemi qui monte à l’assaut, mais comme des soldats qui relèvent une garde.

D’où sortaient-ils? par où étaient-ils venus? quel chemin avaient-ils suivi? Voilà ce qu’il fut toujours impossible de savoir.

Beaucoup soupçonnèrent une trahison.

La sentinelle, interrogée, répondit que les Français étaient sortis de dessous terre et lui avaient ordonné de fuir.

Dans la même nuit, malgré une énergique résistance, le bastion no 7 et la courtine qui l’unit au bastion no 6 tomba, après un sanglant combat, aux mains des Français.

C’était justement le jour précédent que j’avais transporté mon quartier général de la villa Savorelli au palais Corsini. Presque aussitôt l’événement arrivé, je fus prévenu par l’adjudant-major Delai, appartenant au régiment de l’Union.