Au matin, on verrait à quel ennemi l’on avait affaire, cet ennemi fût-il la trahison.
Le jour venu, toute ma division était prête, renforcée des régiments que le général Roselli mettait à ma disposition.
La compagnie des étudiants lombards, qui faisait partie de la légion Medici, était d’avant-garde.
La légion Medici elle-même avait reçu l’ordre de se joindre à nous.
Le canon de nos batteries, tourné sur les bastions occupés, tonnait à la fois de Saint-Pierre in Montorio, du bastion no 8 et de Saint-Alexis.
Les étudiants lombards marchèrent les premiers à l’assaut. Quoique foudroyés par le feu des Français, ils se précipitèrent à la baïonnette sur la grand’garde et sur les travailleurs, qu’ils forcèrent à se concentrer dans le casino Barberini.
Les braves jeunes gens étaient déjà sur le terre-plein du casino; mais je venais d’apprendre à quelles forces nous avions affaire. Je vis qu’un second 3 juin allait m’emporter une moitié de ces hommes que j’aimais comme mes enfants. Je n’avais aucun espoir de déloger les Français de leur position; j’allais commander une boucherie inutile.
Rome était perdue, mais elle était perdue après une merveilleuse, une splendide défense. La chute de Rome après un pareil siége était le triomphe de la démocratie dans toute l’Europe.
Puis il me restait cette idée, que je conservais quatre ou cinq mille défenseurs dévoués qui me connaissaient, que je connaissais, et qui répondraient à mon premier appel[5].
[5] La campagne de 1859 et l’expédition de Sicile prouvent que Garibaldi avait raison.