A. D.
Je donnai l’ordre de la retraite, promettant pour cinq heures du soir un autre assaut, que je ne comptais pas plus donner que le premier.
Les étudiants avaient été admirables. Je n’en citerai qu’un exemple.
Un peintre, le Milanais Juduno, fut rapporté percé de vingt-sept coups de baïonnette.
Bertani le sauva, et il se porte aujourd’hui admirablement.
Au reste, pour moi, tout était perdu, provisoirement du moins, non pas du moment que les Français étaient maîtres de nos brèches, mais du moment que le parti qui soutenait la république romaine à la constituante française était vaincu.
Supposez qu’en sacrifiant un millier de braves, j’eusse chassé les Français de leurs positions, comme je les avais chassés au 3 juin de leurs positions de la villa Corsini et de la villa Valentini, comme au 3 juin, ils eussent repris, à force de troupes fraîches, toutes les positions d’où je les chassais.
Et ici je n’avais pas les mêmes raisons de m’obstiner.
La villa Corsini, en notre pouvoir, empêchait les travaux d’approche.
Mais, une fois les travaux d’approche exécutés, une fois les brèches faites, qui pouvait empêcher la prise de Rome?