Il demandait des nouvelles de l’ennemi, et un secours, en cas d’attaque.
Son messager remporta l’avis que, le 8, je serais, avec des forces suffisantes pour protéger son entrée dans le pays, sur les hauteurs du Zapevi.
En conséquence, vers neuf heures, je partis avec cent cinquante hommes de la légion et deux cents cavaliers, côtoyant l’Uruguay.
Nous nous portions à Las Laperas, à trois lieues à peu près du Salto, flanqués par quatre cents ennemis appartenant au corps du général Servando Gomez, seules forces qui, pour le moment, se trouvassent en observation au Salto.
Notre infanterie prit position sous un zapère,—un zapère est un toit de paille soutenu par quatre poteaux,—lequel ne nous offrait d’autre avantage que de nous garantir des rayons dévorants du soleil.
La cavalerie, commandée par le colonel Baez et le major Caraballo, s’étendait jusqu’au Zapevi.
Anzani était resté à la défense du Salto, souffrant qu’il était d’une jambe, et, avec lui, malades comme lui, étaient restés trente ou quarante soldats.
En outre, une dizaine d’hommes étaient de garde à la batterie.
Il était environ onze heures du matin; je vis s’avancer, des plaines du Zapevi vers les hauteurs où je me trouvais, un nombre considérable d’ennemis à cheval; presque en même temps, je m’aperçus que chaque cavalier portait un fantassin en croupe. Et, en effet, à peu de distance des hauteurs où je me trouvais, les cavaliers se dédoublèrent et mirent à terre leurs fantassins, qui aussitôt s’ordonnèrent pour marcher sur nous.
Notre cavalerie ouvrit le feu contre l’ennemi; mais, supérieur en nombre comme il était, il la chargea et la mit promptement en fuite.