Et, comme je m’étonnais de cet acte, que j’appelais une faiblesse:

—Mon ami, me dit-il, l’Italie attend beaucoup en ce moment de deux hommes, de Pie IX et de Garibaldi. Eh bien, il ne faut pas que l’on accuse les hommes revenus avec Garibaldi d’être des hérétiques.

Sur quoi, il reçut les sacrements.

La même nuit, vers trois heures du matin, il mourut entre mes bras sans avoir perdu un instant sa connaissance, sans avoir eu une minute de délire.

Ses derniers mots furent:

—N’oublie pas ma recommandation à propos de Garibaldi.

Et il rendit le dernier soupir.

Le corps et les papiers d’Anzani furent remis à son frère, homme entièrement dévoué au parti autrichien.

Le corps fut ramené à Alzate, patrie d’Anzani, et le cadavre de cet homme qui, six mois auparavant, n’eût pas trouvé, dans toute l’Italie, une pierre où poser sa tête, eut une marche triomphale.

Lorsqu’on apprit sa mort à Montevideo, ce fut un deuil général dans la légion; on lui chanta un Requiem, et le docteur Bartolomeo Udicine, médecin et chirurgien de la légion, prononça une oraison funèbre.