Quant à Garibaldi, pour faire autant que possible revivre son souvenir lors de l’organisation des bataillons de volontaires lombards, il nomma le premier bataillon: bataillon Anzani.
Après la mort d’Anzani, j’étais parti pour Turin.
Un jour, le hasard fit qu’en me promenant sous les arcades, je me trouvai face à face avec Garibaldi.
A sa vue, la recommandation d’Anzani me revint à la mémoire; il est vrai qu’elle était secondée par la profonde et respectueuse tendresse que je portais à Garibaldi.
Nous nous jetâmes dans les bras l’un de l’autre.
Puis, après nous être tendrement embrassés, le souvenir de la patrie nous revint à tous deux en même temps.
—Eh bien, qu’allons-nous faire? nous demandâmes-nous.
—Mais, vous, lui demandai-je, ne venez-vous point de Roverbella? n’avez-vous point été offrir votre épée à Charles-Albert?
Sa lèvre se plissa dédaigneusement.
—Ces gens-là, me dit-il, ne sont pas dignes que des cœurs comme les nôtres leur fassent soumission. Pas d’hommes, mon cher Medici: la patrie toujours, rien que la patrie!