Comme il ne paraissait pas disposé à me donner les détails de son entrevue avec Charles-Albert, je cessai de l’interroger.

Plus tard, j’appris que le roi Charles-Albert l’avait reçu plus que froidement, le renvoyant à Turin pour qu’il y attendît les ordres de son ministre de la guerre, M. Ricci.

M. Ricci avait daigné se souvenir que Garibaldi attendait ses ordres, l’avait fait venir et lui avait dit:

—Je vous conseille fortement de partir pour Venise; là, vous prendrez le commandement de quelques petites barques, et vous pourrez, comme corsaire, être très-utile aux Vénitiens. Je crois que votre place est là et non ailleurs.

Garibaldi ne répondit point à M. Ricci; seulement, au lieu de s’en aller à Venise, il resta à Turin.

Voilà pourquoi je le rencontrai sous les arcades.

—-Eh bien, qu’allons-nous faire? nous demandâmes-nous derechef.

Avec les hommes de la trempe de Garibaldi, les résolutions sont bientôt prises.

Nous résolûmes d’aller à Milan, et nous partîmes le même soir.

Le moment était bon; on venait d’y recevoir la nouvelle des premiers revers de l’armée piémontaise.