Garibaldi avait enfin trouvé des ennemis dignes de lui.
Là furent tués, parmi nous, le capitaine Montaldi, les lieutenants Rigli et Zamboni; là furent blessés le major Marochetti, le chirurgien Schienda, l’officier Ghiglioni, le chapelain Ugo Bassi, qui, sans armes, au milieu des combattants, affrontait les blessures et la mort, pour secourir les blessés et consoler les mourants; cœur pieux, âme miséricordieuse, dont les prêtres firent un martyr; enfin, les lieutenants d’All’Oro, Tressoldi, Rolla et le jeune Stadella, fils du général napolitain.
Après une lutte d’une heure, les Français furent obligés de céder; une partie se débanda dans la campagne, une autre partie se mit en retraite sur le corps principal.
Deux cent soixante restèrent nos prisonniers.
Ce fut en ce moment que le capitaine d’artillerie Faby, officier d’ordonnance du général en chef, voyant le mauvais succès de l’attaque si mal combinée du général, crut y apporter remède en proposant à son chef de guider une nouvelle attaque par un chemin qui lui était connu, disait-il, et qui le conduirait, inaperçu, jusque sous les murs de Rome, en face des jardins du Vatican.
Ce chemin était flanqué de quatre ou cinq maisons où l’on pourrait laisser des détachements, et qui étaient cachées au milieu des vignes.
Le général en chef accepta, lui donna une brigade du corps Levaillant, et le capitaine Faby partit.
L’entreprise fut facile à son début, et la marche de la colonne resta, en effet, ignorée des défenseurs de Rome jusqu’à la route consulaire de la porte Angelica; mais, là, au premier éclair que le soleil tira des armes françaises, un feu terrible, parti de toute l’enceinte des jardins pontificaux, accueillit la colonne, et une des premières balles frappa le capitaine Faby qui la conduisait.
Quoique privée de son guide, la colonne se défendit vaillamment et, pendant quelque temps, répondit au feu des murailles; mais, décimés, écrasés, foudroyés, ayant, sur leurs derrières, nos troupes du Monte-Mario, devant eux le feu du château Saint-Ange, qui leur fermait le chemin de la porte Angelica, exposés à découvert à la grêle de balles et de mitraille qui pleuvait des jardins du Vatican et qui ne leur permettait pas de reprendre leurs anciennes positions, les Français furent obligés de se réfugier dans les petites cassines éparses dans les vignes et disséminées le long de la route, où notre artillerie continua de les foudroyer.
Ainsi, une brigade entière, qui était l’aile gauche du corps d’armée français, se trouva séparée de son centre et en danger d’être faite prisonnière.