Garibaldi ordonna qu’il lui fût amené.

Le parlementaire dit qu’il était envoyé par le général en chef de l’armée française pour traiter d’un armistice et s’assurer si, bien réellement, le peuple de Rome acceptait le gouvernement républicain et voulait défendre ses droits. Comme preuve des loyales intentions du général, celui-ci proposait de nous rendre le père Ugo Bassi, fait, comme nous l’avons raconté, prisonnier la veille.

Pendant cet entretien, un ordre du ministre arrivait, enjoignant à Garibaldi de rentrer dans Rome.

La légion y rentra vers quatre heures après midi, conduisant avec elle le parlementaire.

L’armistice que demandait le général Oudinot lui fut accordé.

XV
EXPÉDITION CONTRE L’ARMÉE NAPOLITAINE

Tandis que s’accomplissaient les événements que nous venons de raconter, l’armée napolitaine, forte de près de vingt mille hommes, ayant le roi à sa tête, traînant après elle trente-six bouches à feu, flanquée d’une magnifique cavalerie, fière de ses récents triomphes en Calabre et en Sicile, s’avançait pour investir la ville par la rive gauche du Tibre. Elle avait occupé militairement Velletri, puis Albano et Frascati, protégée sur sa droite par les Apennins, sur sa gauche par la mer, et étendant ses avant-postes à quelques lieues de nos murs.

Voyant cela, Garibaldi, que l’armistice laissait inoccupé, demanda à employer ses loisirs à faire la guerre au roi de Naples.

La permission lui fut accordée.

Le soir de la nuit du 4 mai, Garibaldi sortit avec sa légion, forte de deux mille cinq cents hommes.