—Eh bien! mon fils, dit le prêtre, êtes-vous prêt à vous confesser? je suis prêt à vous absoudre...
—Tout à l’heure je vous répondrai, mon père; mais d’abord, rendez-moi un dernier service, dit Bruno.
—Lequel? parlez.
Bruno se leva, prit le prêtre par la main, le conduisit près du cercueil, dont il s’approcha lui-même autant que sa chaîne le lui permit; puis lui montrant le cadavre:
—Mon père, lui dit-il, voulez-vous lever le coin du linceul qui me cache la figure de cette femme?
Le prêtre leva le coin du linceul; Pascal ne s’était pas trompé; cette femme, c’était Teresa. Il la regarda un instant avec une tristesse profonde, puis il fit signe au prêtre de laisser retomber le suaire. Le prêtre obéit.
—Eh bien! mon fils, lui dit-il, la vue de cette femme vous a-t-elle inspiré de pieuses pensées?
—Cette femme et moi, mon père, répondit Bruno, nous étions nés pour être heureux et innocens; Elle l’a faite parjure, et moi meurtrier; Elle nous a conduits, cette femme par le chemin de la folie, et moi par celui du désespoir, à la tombe où nous descendrons tous deux aujourd’hui... Que Dieu lui pardonne, s’il l’ose; mais moi, je ne lui pardonne pas!
En ce moment les gardes entrèrent, qui venaient chercher Pascal pour le conduire à l’échafaud.