C'est la pierre qui murait une de ces caves presque au niveau du sol que le sauvage venait de desceller si rapidement. Simon et Rig traînèrent avec précaution le lourd cercueil et le placèrent au pied de l'autel. Les deux hommes avaient chacun un tournevis… Une crainte épouvantable les étreignait à ce moment; car, sans dire une parole, ils se mirent à dévisser chacun un côté du couvercle. Deux minutes après le cercueil était ouvert; le linceul arraché laissait voir la face livide, les yeux caves, la bouche sèche de Pierre Davenne.
Le vieux sauvage avait arraché la chemise en même temps que le suaire, et il avait appliqué sa tête sur le cœur du cadavre.
Simon, l'œil ardent, les lèvres serrées, la main crispée sur le manche du tournevis qu'il tenait comme un poignard, cherchait à lire sur la physionomie du vieux Rig.
Et c'était une vilaine page à lire que le visage du sorcier. Il faisait en auscultant la plus hideuse grimace.
—Eh bien? demanda Simon.
—J'ai peur, fit lugubrement le vieux Rig!…
Simon sursauta, son bras se leva menaçant, ses yeux lancèrent des éclairs, et il râla:
—Vieille vermine… si tu l'as tué, je t'enferme vivant dans son cercueil.
Rigobert parut ne pas avoir entendu; avec une force qu'on n'eût jamais cru devoir trouver chez cet être vieux et maigre, il prit le corps de Pierre dans le cercueil, le coucha à terre, et d'une main appuyant sur l'épigastre en faisant des pressions régulières, il colla sa bouche sur les lèvres du mort, lui jetant son souffle dans les poumons…
Épouvanté, Simon restait le bras levé, la bouche béante…