Cette opération doit être longtemps continuée, car beaucoup de sujets ont été rappelés à la vie après plusieurs heures de mort apparente.»

Simon avait glissé son bras sous la tête de son maître, et c'est les larmes aux yeux qu'après l'avoir embrassé il continua l'opération commencée par le vieux Rig. Celui-ci fouillait dans ses poches; ayant ouvert sa trousse pour en tirer un bistouri, et après avoir pris sur l'autel un vase contenant des fleurs, il avait jeté le bouquet et il avait placé le vase près de la tête de Pierre.

Ayant dit au matelot de continuer les insufflations sans s'occuper de ce qu'il allait faire, le vieux sauvage plaça sa trousse près de lui; il prépara une pelote de fil de soie ciré et une petite pince à verrou.

Nous avons dit que Simon supportait la tête de son maître sur son bras; Rig lui dit:

—Continue toujours et ne bouge plus ton bras… Maintenant j'en réponds.

Les lèvres de Simon étaient sur les lèvres de son maître, il ne pouvait répondre, mais ses yeux eurent un regard pour remercier son compagnon.

Rig, ayant pris son bistouri, appliqua une main sur le front livide de Pierre Davenne, et de l'autre coupa, au devant de l'oreille, l'artère temporale; le sang noir coula d'abord doucement dans le vase que le vieux sorcier tendait, puis il jaillit plus abondant… Le corps s'agita légèrement.

—Arrête, dit Rig, et viens vite m'aider.

Simon tout tremblant de joie, d'émotion, se leva, se cognant au marbre de l'autel, trébuchant aux marches, mais ne sentant ni douleur ni choc, et vint s'agenouiller près de Rig. Celui-ci lui fit tenir le vase plein de sang, et aussitôt rassemblant par sa pince à verrou les deux bouts de l'artère, il fit une ligature avec les fils de soie qu'il avait préparés. C'était un habile praticien que le vieux Rig, car, en moins de dix minutes, la ligature était faite, le front était bandé.

Ayant placé sa main sous le sein gauche, il dit à Simon: