Arrivée sur le palier, Geneviève se dégagea des bras de Fernand qui la soutenait, et, tombant à genoux, elle se traîna jusqu'à la porte de la chambre de son époux, puis se tordant de douleur dans ses habits de deuil, les mains jointes, suffoquant et pleurant, elle gémit:
—Seigneur mon Dieu… pardon, pardon!… Mon Pierre, là-haut, pardon!… Ah! je suis une misérable!…
Fernand, impatient, la souleva et la porta sur un fauteuil, en disant brutalement:
—Assez de faiblesse, à la fin il faut de la raison…
Geneviève était comme un enfant: elle eut peur, et elle s'efforça d'étouffer le bruit de ses sanglots. Fernand alluma une lampe et, allant prendre la lettre qu'il avait vue le matin même, il dit:
—Geneviève… Allons, sois un peu raisonnable et écoute… Voici une lettre laissée par Pierre et qui porte pour suscription:
«À ma femme Geneviève, pour être ouverte lorsque ma dépouille mortelle sera dans la tombe.»
La jeune femme, dominant son émotion, releva sa tête éplorée pour écouter.
Fernand brisa le cachet et lut:
«À Geneviève,