—Oh oui! fit la jeune fille avec une joie d'enfant. Paris est le plus beau pays du monde, et là-bas, je n'ai laissé personne, ceux que j'aimais ne sont plus!
—C'est une triste existence que celle de l'orpheline! Iza, vous retrouverez ici les affections perdues. Laissez tomber un instant sur moi vos regards profonds… Lisez dans mes yeux l'amour qui emplit mon âme.
La jeune fille baissa les yeux.
—Ne détournez pas vos regards… C'est presque un époux qui vous parle… et vous pouvez, Iza, entendre les aveux de votre fiancé. Si vous saviez avec quelle impatience j'attends le jour où nous serons pour toujours unis! Depuis l'heure où je vous ai vue, ma vie n'est plus la même… Indifférent à tout, je n'ai qu'une pensée… vous voir… Je ne sais quel trouble est en moi, je n'ai ni le désir ni le courage de penser à mes affaires… Ma maison est abandonnée, mes relations sont brisées, mes amitiés oubliées… Seule vous m'occupez tout entier, et je ne me sens heureux qu'à cette heure où je suis près de vous, à vos pieds, vous parlant, vous admirant, vous adorant.
La jeune fille eut un sourire de doute.
—Ne me croyez-vous pas? demanda Fernand…
—Monsieur Fernand, vous vivez au milieu d'un monde où vous avez rencontré plus belle que moi… Vous avez dit à d'autres les mêmes paroles que vous me dites.
—Non, Iza… non!… au contraire, ma vie s'est passée sans qu'aucun être au monde fît impression sur moi… Je niais l'amour… Et le ciel a voulu que celle qui devait être ma femme me le fît connaître aujourd'hui… J'ai hâte que notre union soit consacrée, parce que je crains sans cesse… et je sens que maintenant sans vous je ne pourrais vivre…
—Là-bas, j'entendais conter qu'à Paris l'on n'existait que pour le plaisir, vivant si vite qu'on ne prenait pas même le temps de s'aimer… et j'avais peur.. j'ai peur!
—Peur? de quoi?