Il était fier, heureux des compliments qui s'adressaient à sa femme, de ce parti admiratif des femmes. Il avait été voir la salle où l'on jouait, surveillant partout…; il avait été s'assurer que le service des buffets était bien fait; il avait laissé Iza au milieu d'un groupe de dames qui la complimentaient sur son mariage. Il descendit et chercha sa femme dans le groupe. Iza n'y était pas; il la chercha et la trouva assise dans le petit salon qui précédait le jardin, causant avec un homme qu'il ne connaissait pas. En le voyant, Iza s'était levée, et, le présentant aussitôt à son mari, elle lui dit:

—Mon ami, je vous présente le comte Otto…, un de mes compatriotes, un ami de ma famille, qui, ayant appris mon mariage, s'est fait présenter par un de vos amis. Je remerciais M. le comte de sa bonne pensée…

—Je suis heureux, monsieur, et très flatté de l'honneur que vous nous faites…

Et en disant ces mots, Fernand avait regardé l'homme et avait froncé le sourcil.

Celui-ci balbutia quelques mots inintelligibles et s'éloigna aussitôt, paraissant heureux d'en avoir fini. Fernand bouillait de demander à Iza quel était cet individu; mais un ami de Fernand vint réclamer une valse promise.

Comme si la jeune femme avait compris l'ennui qu'avait éprouvé son mari, elle se pencha à son oreille et lui dit gaiement:

—Vous savez, il ne faut pas trop vous lier avec lui… c'est un importun… nous le verrions tous les jours.

—Oui, oui, fit-il de la tête, tout à fait rassuré et décidé à faire ce que lui recommandait sa femme.

L'homme, comme gêné du milieu dans lequel il se trouvait, était rentré dans la salle de bal, et, accoudé sur le chambranle d'une fenêtre, presque perdu dans les tapisseries, il regardait valser. Lorsque Iza, entraînée par son cavalier, se mêla aux valseurs, son regard plein d'admiration la suivait sans cesse… Fernand, accoté sur la porte du petit salon, le vit, et ennuyé, blessé, il murmura les dents serrées:

—Monsieur le comte Otto…, je crois que nous ne nous verrons pas souvent.