—Maître, vous m'avez dit d'obéir en tout, de dire oui toujours, de laisser faire, sans dire, au besoin sans voir…
—Oui; pourquoi me dis-tu cela?
—Parce que je n'ai pu empêcher ce qu'il a fait ce matin.
—Mais qu'a-t-il fait?
—Les beaux bijoux, les beaux diamants, il a tout volé, maître… tout!
—Enfin, tant mieux!
En entendant ces mots, Iza resta stupéfaite. La même voix dit:
—Attends une minute, Iza.
Une minute après, les lourdes tapisseries du lit se soulevèrent, et celui que nos lecteurs connaissent, le malheureux héros de notre histoire, parut. Ce n'était plus le même homme. Les quelques mois écoulés avaient laissé sur son front la trace de leur passage. Beau toujours, l'immobilité à laquelle l'opération du vieux Rig l'avait condamné changeait absolument sa physionomie; pour reconnaître dans l'homme nouveau l'heureux époux de Geneviève, il fallait avoir suivi les phases de sa transformation.
Autrefois, le visage toujours souriant vous accueillait. À cette heure, une rigidité froide clouait sur les lèvres de ceux qui lui parlaient la gaieté naissante. Était-ce bien seulement l'opération maladroite du vieux sauvage qui était la cause de ce changement? Assurément non! C'est que, depuis l'heure où il avait consenti à passer dans une tombe la terrible nuit qui le rendait libre, depuis cette heure, les pensées s'étaient heurtées dans son cerveau.