—Fernand, vous le savez, a continué sa vie épouvantable, ne reculant devant aucun moyen pour satisfaire à ses désirs… Il aimait la vie grande, il l'a eue; il n'avait jamais aimé véritablement, il a aimé, il est fou d'amour.

—Je sais tout cela…, et la vengeance?…

—Hier, il est rentré chez lui au milieu de la nuit: je l'attendais dans sa chambre…

—Vous!…

—Il a reculé devant moi comme devant un spectre…, et j'ai soulevé les rideaux de son lit pour lui montrer sa femme, son idole, endormie dans les bras d'un autre.

—Eh bien? demanda Madeleine, l'œil ardent.

—Il a jeté un cri épouvantable; pour se soutenir, il dut s'accrocher à la cheminée, le regard fixé sur les deux amants… Ceux-ci s'éveillèrent, et la femme coupable, celle qu'il aimait, criait à son complice: Tue-le! tue-le!

—Ah! Dieu juste, fit Madeleine, vous lui rendez ce qu'il a fait aux autres!

—Les amants se sauvèrent, et alors qu'il pouvait avoir l'espoir de se venger, ce plaisir âpre de ceux qui ont beaucoup souffert, on est venu l'arrêter comme faussaire… Il est en prison, et chaque nuit il pensera que celle qu'il aime est avec l'autre.

—En prison!… Il sera jugé… et acquitté?