—Fernand sera condamné, sa vie finira au bagne: il est à jamais perdu, et il aura dans son existence de condamné la pensée constante que celle qu'il aime le trompe, qu'elle se moque de lui… Dans ses rêves, il les entendra rire, il a le châtiment auquel nous l'avons condamné; la vie avec la honte et le désespoir, l'amour, comme un vautour, lui déchirant le cœur…
—C'est sans regret, sans remords, que j'apprends sa peine… Je ne sens en moi que de la haine.
—La moitié de l'œuvre est faite, à l'autre maintenant…
—Monsieur Pierre, pour…
—Ne prononcez pas son nom maudit…
—Pour elle, sinon le pardon, au moins l'oubli…
—Non… Est-ce que vous avez oublié, vous?
—Moi, j'aurais pu avec le temps oublier s'il n'était venu s'ajouter, à la faute commise par moi, la mort de mon père, le brave et loyal soldat, emportant dans l'éternité son nom flétri par son enfant… Jamais je n'oublierai, jamais je ne pardonnerai la mort de mon père!…
—Moi, jamais je ne pardonnerai ma vie brisée; jamais je ne pardonnerai cette trahison, cette lâcheté;… jamais je ne pardonnerai ce doute qui me ronge en regardant le seul être que j'aime, Jeanne; ce doute qui revient sans cesse troubler mes pensées: Est-elle bien ma fille?… Et alors, il me semble que je serais capable de tuer la pauvre enfant.
—Oh!…