—A-t-il une tête! il pense à tout; tu ne veux pas que ton ami Geo s'enrhume. Et, obéissant, il ferma la porte.
Simon était un minutieux: il s'assura que la porte était bien fermée, et il dit alors au vieux Rig:
—Tu peux être tranquille, te voilà pour six mois absolument à l'abri… S'il prenait l'idée à Simon d'être désagréable au vieux coquin qu'il a pour camarade… il n'aura qu'à aller prier la police d'ouvrir la porte; mais le sauvage est trop intelligent pour obliger un ancien à le dénoncer… N'est-ce pas, vieux coquin?
Et Simon courait portant sa momie vivante sur l'épaule. Arrivé près de la voiture Radis grogna, menaçant; heureusement il était attaché… Simon présenta au chien la face du vieux Rig.
—C'est ton maître que tu veux… Renifle ça et taisons-nous.
Le chien, en sentant son maître, frétilla gaiement de la queue et se tut. Simon alla étendre son ballot,—le sauvage,—dans la voiture, derrière la banquette.
—Vois-tu, je te couche là, la tête de ce côté pour que nous puissions causer en chemin, tu pourrais t'ennuyer en route! Tu es bien comme ça? Attends, voici une couverte, pour que tu aies la tête haute… C'est moi qui vais conduire… Tu n'oublies rien? Parle avant le départ… pendant que je vais me chausser… Tu n'avais pas remarqué que j'étais pieds nus… Je vais te conter ça, sauvage…
Et Simon, ayant couché Rig sur la banquette, avait été prendre ses souliers dans un coin; il s'était assis sur le marchepied de la voiture, et se chaussait; il continua:
—Je te cherche depuis ce matin… Je m'étais dit: Espère! espère! Je l'aborderai bien par delà le jour, le vieux. Rien… J'arrive juste au moment où tu déménages, je te vois, le chien se met à crier… je me cache et me déchausse… je change de vent et j'arrive juste au moment où tu portais ton dernier paquet… mais pas dans ta voiture… Là, maintenant, nous allons partir…
Simon était chaussé; il grimpa dans la voiture, s'y mit bien à son aise; il ramassa les guides; voyant dans l'ombre se dessiner la silhouette maigre et aux angles aigus du vieux cheval, il s'écria: