—Moi! moi!… balbutia presque le vieux Rig, j'adore le vin…, le grand vin de France; mais j'avoue… que j'en suis promptement victime.

—Aujourd'hui? à cette heure? interrogea Fernand.

—Nous sommes en famille, je serais ridicule si je le cachais… Eh bien oui!… Mais cela ne fait rien! fit-il en se redressant, je veux boire à la santé d'Iza, et je verse. Il emplit son verre d'abord, puis il dit à Fernand:

—Mais videz donc votre verre! Et en disant ces mots, négligemment, comme un gourmet qui craindrait de voir s'échapper le parfum de son vin, en attendant que celui qu'il appelait son neveu eût vidé son verre, il plaça son pouce sur le goulot de la bouteille. Il essaya de se pencher pour verser, mais il retomba sur sa chaise.

—Ça y est, fit-il gaiement.

—Eh bien! demanda Fernand en tendant son verre vide, versez et buvons à Iza.

Le vieux Moldave eut bien de la peine à soulever la bouteille. Il emplit le verre de Fernand, replaça le flacon sur la table; puis, prenant son verre, il le choqua sur celui de son neveu, en disant:

—À ma nièce! Et ils burent.

Le vieux Rig était penché, sur sa chaise; il roulait sa langue sur son palais, dégustant le bon vin. En face de lui, Fernand cherchait vainement à lutter contre la torpeur qui l'envahissait. Tout à coup, il glissa sur sa chaise, et tomba comme une masse au pied de la table.

Alors Rig se redressa, léger, calme, et se penchant sur le corps de
Fernand, le poussant du pied, il dit: