—Monsieur le juge, je vous obéirai; mais vous vous expliquerez facilement les emportements d'un homme qui a été perdu justement parce que cet argent n'a pas été versé et auquel on dit aujourd'hui qu'il l'a volé…
—Arrivons à un autre fait… Les faux sont de vous?
—Oui, monsieur; mais, je le répète, il n'y avait pas chez moi la pensée de voler; ils ne pouvaient porter aucun préjudice à la maison Wilson: ils étaient payables chez moi, et j'étais en mesure, puisque la plus grande partie de la somme a été saisie sur moi…
—Ceci n'atténue en rien les faux dont vous êtes accusé…, et votre argument est anéanti par ceci: lorsque les faux ont été signés, votre mariage, qui devait vous donner l'argent nécessaire pour les retirer du commerce, n'était point encore consenti… Une rupture survenant quelques jours avant le mariage, et vous restiez insolvable.
—Mais, monsieur, je le répète, je n'ai pas touché un liard sur la dot…, et je réclame l'arrestation de ma femme, laquelle m'a volontairement poussé dans cette situation, pour, ayant un nom, être libre…
—Singulier désir! Avoir le droit de porter un nom flétri par les tribunaux…
Fernand devint rouge et se mordit les lèvres… C'est que, là, il n'y avait pas d'emportement possible: il fallait tout subir, tout entendre.
—Revenons au fait… C'est vous qui avez contrefait la signature
Wilson… Vous le reconnaissez?
—Sous le bénéfice de ce que je viens de vous expliquer, monsieur, oui.
—Écrivez, dit le juge à son greffier… Et, au bout de quelques minutes, il s'adressa de nouveau à Fernand et lui dit: