—Pour vous faire de l'argent, vous avez emprunté une somme de trois cent quarante mille francs sur les bijoux de votre femme; ces bijoux, vous les lui avez soustraits une nuit… Est-ce vrai? Répondez!
—C'est vrai, monsieur; mais je désire vous expliquer pourquoi: je devais, ainsi que je l'ai dit lors de mon premier interrogatoire, toucher à la fin du mois une somme considérable; or, un télégramme et des lettres m'annoncèrent une remise de quelques jours pour l'arrivée de la somme, et je me décidai à engager les bijoux de ma femme, avec la certitude que je les dégagerais bientôt et qu'elle ne s'apercevrait de rien.
—C'est toujours votre système, qui consiste à affirmer que, contrairement à votre contrat qui porte: «Dont la signature du présent contrat est quittance.»
—C'était de confiance…; mais je vous jure que je n'ai rien reçu.
—Puisque vous prétendez avoir reçu des lettres et des télégrammes de l'oncle Danielo de Zintsky, que sont devenus lettres et télégrammes?
—On a dû les retrouver chez moi…
—Chez vous, on n'a rien trouvé que la preuve que vous ne vous souteniez que par des expédients. On n'a même pas trouvé un chiffre correspondant à l'encaissement des trois cent quarante mille francs que vous aviez empruntés sur les bijoux, soi-disant pour payer les traites.
—Monsieur, on doit trouver sur les livres une somme de trois cent mille francs.
—Oui, on trouve ce chiffre…
—Les quarante mille francs, je les reconnaissais à Samuel, pour l'intérêt et la commission.