Le juge fut convaincu que l'ensemble de preuves écrasant l'accusé, celui-ci s'avouait vaincu, et il reprit plus doucement, en faisant signe à son greffier d'écrire:
—Séglin, vous vous reconnaissez l'auteur des fausses traites signées
Wilson?
Il fit un signe de tête, et le greffier écrivit. Le magistrat reprit:
—Vous n'aviez qu'un but: attirer à vous, par tous les moyens possibles, une somme considérable; faire argent de tout ce qui était négociable, et fuir sous un autre nom à l'étranger, abandonnant en France votre femme, celle qui vous avait apporté la plus grosse part de l'argent que vous vouliez emporter.
Fernand haussa les épaules et ne répondit rien. Ne protestant pas, ceci fut considéré comme une acceptation, et le juge poursuivit:
—Dans toute cette affaire, à présent limpide, il n'y a qu'un point obscur. Séglin, dans votre intérêt, et pour ne pas attirer sur vous toute la sévérité de la justice, soyez sincère… Songez que la possibilité de restituer partie de la somme atténuera un peu les crimes dont vous êtes accusé… Que sont devenus les diamants, les bijoux de votre femme?
—J'ai dit la vérité.
—Vous avez caché ces pierres qui, à elles seules, représentent une fortune… Vous espérez, votre peine subie, ou par une évasion heureuse, échappant au châtiment, aller un jour reprendre ce butin… Détrompez-vous… Votre refus de répondre, en appelant sur vous la sévérité du jury, vous fera appliquer une peine plus grave, en même temps qu'une surveillance de toute heure.
—J'ai dit la vérité; je n'ai rien à répondre.
—Vous refusez absolument?…