—Non! dit-elle! non! Je suis coupable; si tu refuses le pardon, châtie-moi devant tous… Chasse-moi… Ton outrage dernier me donnera le courage de mourir…

—Mais relève-toi! exclama Pierre, la saisissant et la redressant…
C'est Jeanne, je ne veux pas qu'elle te voie à mes genoux…

Mais Geneviève retomba sur ses genoux, elle était sans force; à son tour, elle avait peur. Pierre avait dit que c'était Jeanne qui venait, et la mère se demandait si sa fille allait la reconnaître, et la malheureuse redoutait que son enfant, n'ayant entendu parler d'elle que comme d'une coupable, hésitât à venir vers elle… Geneviève restait à genoux pour tendre à son enfant ses mains jointes. Mais Pierre, en la voyant retomber è ses pieds, avait couru vers la porte dont déjà la serrure craquait; il l'avait repoussée en disant brutalement:

—Je veux être seul… Qu'on me laisse…

La porte s'était fermée, et il avait poussé le verrou… Alors on entendit la voix argentine de l'enfant qui disait:

—Oh! tu vois, Simon, tu fais gronder petit père!

Alors, comme dans une extase, Geneviève étendit les bras; il semblait qu'elle voyait au travers de la porte. Charmée, ravie, souriant à sa vision, penchant la tête pour entendre encore ce chant aimé: la voix de son enfant.

Pierre, haletant, était revenu vers elle.

—Tais-toi! tais-toi!, disait-il… Tu reverras ta fille.

Alors elle leva les yeux vers lui; il lui sembla qu'il était transformé, il lui sembla que des larmes coulaient sur ses joues; il répétait, suppliant: