—Ah! tu crois à une autre vie… Tu espères le pardon… Et que te fera son pardon?…
—Je retrouverai mon enfant…, puisque vous savez où il est…
Il y eut un silence… pendant lequel le regard de Fernand ne quittait pas Geneviève: il semblait se plaire à la contempler… Et, disons-le, la jeune femme était restée l'adorable créature que nous avons vue au commencement de notre récit.
La vie calme qui avait suivi la maladie de Mme Davenne avait augmenté peut-être un peu le côté charnel; elle avait acquis du charme en perdant peut-être un peu de finesse, d'élégance; la peau était devenue plus blanche, cette blancheur mate des oisifs, mais cela seyait à ses cheveux blonds, à la profondeur de son regard bleu, à l'air doux, résigné, de son visage… Ses longs vêtements de deuil la rendaient intéressante.
Geneviève était très belle, et, en la regardant, la nature du libertin renaissait tellement dans Fernand que Geneviève, gênée par ce regard effrontément persistant, cherchait à y échapper.
—Tu retrouveras ton enfant!… Oui, je te mènerai vers elle, Geneviève; mais, pour que j'y consente, il faut encore que tu veuilles être avec moi ce que tu dois être…
—Je ne vous comprends pas.
—C'est simple cependant… Lorsque nous nous sommes quittés…, j'ai peut-être été vif, je le reconnais; mais, aujourd'hui, reconnaissant mes torts, je viens vers toi… J'y reviens plein d'affection, d'intérêt… Je reviens en t'apportant l'objet de tes rêves… ton enfant… Et tu me reçois bien, bien mal… Dans cette situation, tu me permettras de faire des conditions…
—Des conditions! fit Geneviève inquiète.
—Évidemment… Enfin, jugeons par toi; aurais-tu jamais pensé à m'être agréable?… Non! n'est-ce pas? Si l'occasion, s'était présentée, tu l'aurais repoussée… Ne nie pas, c'est la vérité. Si tu ne l'avais repoussée…, tu me l'aurais vendue.