—Fernand et elle n'ont qu'un but, retrouver Jeanne, et par elle être mis en possession de ce qui doit lui revenir… Le vieux bandit de Rig a été leur vendre à la fois le secret qui me débarrassait d'eux et le lieu de ma retraite… Il n'a pas perdu de temps!… Dans deux ou trois jours, ils feront agir la police…
—Ce n'est pas Rig… ni l'autre qui iront chez ces gens… Ils craindraient d'être invités à y rester trop longtemps…
—Eux n'ont rien à voir en tout cela. C'est elle, mère et tutrice de l'enfant, c'est elle que j'ai trompée par une action que la justice ne manquera pas d'apprécier sévèrement… C'est elle qui aura raison devant la loi.
—Diable! fit le matelot en se grattant le crâne… Il y a un moyen d'aller au-devant de tout ça…
—Lequel?…
—Je vais chez le commissaire de police et je lui donne l'adresse de Fernand; puis j'ajoute qu'il y a un grand garçon à Montrouge dans le dos duquel le vieux Rigobert a oublié son couteau; s'il voulait le lui rendre, le vieux sauvage reste rue Saint-Maur.
Pierre réfléchissait; d'un signe de tête il indiqua à son matelot qu'il refusait ce moyen rapide… Au bout de quelques minutes, il dit:
—Depuis longtemps déjà, croyant tout fini, j'étais décidé à quitter cette maison…
—Mais l'autre n'est pas prête…
—Nous ne pouvons plus attendre… Il faut au plus tôt s'y installer… et tu vas immédiatement préparer tout pour notre départ… Il ne faut pas dire un mot de tout ceci à Mme Madeleine…, qui serait très effrayée si elle apprenait que Fernand est libre et sait que je suis vivant et que je demeure ici… Tu entends, pas un mot…