-J'écoute, maître…

—Iza, tu es libre, tu veux être riche, tu veux avoir la vie que tu as connue à Auteuil?

Lentement, Iza fit de la tête un signe de dénégation… Pierre, étonné, demanda:

—Ne m'as-tu pas dit, lorsque tu as quitté Georgeo: «Je ne pensais plus qu'à la belle chambre où mes pieds nus étaient si blancs sur le velours noir, où ça sentait si bon, où je dormais si bien… Je pensais au beau linge fin parfumé que je mettais chaque jour… Alors je me fis honte, je me trouvais moins belle, et, au dîner du soir, je ne voulais pas manger, en voyant le pain dur, le gros vin rouge et la viande noire… Il me sembla que je n'avais jamais vécu ainsi… J'avais le dégoût aux lèvres…Maître, je ne peux plus être pauvre!» N'est-ce pas là ce que tu m'as dit?

—Oui, maître!…

—Eh bien!… pourquoi, lorsque je te demande si tu veux reprendre cette existence que tu regrettais, me réponds-tu: Non?

Iza se tut… Pierre la regarda, elle baissa les yeux… Elle était embarrassée pour parler… Davenne lui dit:

—Refuses-tu de me répondre?

—Non, maître!… Je n'étais pas heureuse à Auteuil… J'étais riche, belle, mais je m'ennuyais… J'étais triste… Ce n'est pas cette vie-là que je voudrais retrouver…

Pierre la regarda surpris: