—Parle! dis-moi ce que tu voudrais.
Iza releva la tête; son œil eut un éclair; un sourire d'espoir s'étendit sur ses lèvres, et elle dit lentement:
—Je voudrais me retrouver, comme il y a un mois, dans un petit hôtel beau, avec les belles tentures, les meubles pleins d'or…, les grands tapis…, les jardins pleins de grandes fleurs rares…, avec des coins de bois pleins d'ombre… Mais je ne voudrais pas y vivre triste, dans la chambre, seule, en attendant le seigneur… Je veux être libre, moi… Je veux n'aimer personne que moi!… Je veux conduire dans une grande calèche, aller au bois, et que les cavaliers m'admirent, et je veux pouvoir rire avec les cavaliers lorsqu'ils se pencheront vers moi pour me parler… Je veux être plus belle, plus brillante… que les belles que j'ai vues et dont ils parlent tous… Voilà la vie que j'ai rêvée, maître…
Pierre Davenne était un peu étourdi… Il se remit et dit:
—Iza…, aimais-tu Fernand?
A ce nom, la jeune fille releva la tête et son regard se fixa étonné sur celui de Pierre; elle se demandait si celui-ci ne se moquait pas d'elle pour répondre à son rêve… Pierre comprit et reprit:
—Réponds-moi absolument franchement; de tes réponses dépend ton avenir.
La belle Iza eut comme un tressaillement à ce dernier mot. Elle dit:
—Non, maître, je n'aimais pas Fernand.
—Tu ne l'as jamais aimé?