—Jamais! et j'ai béni le Seigneur qui l'avait repris!
—Iza, Fernand est vivant!… dit Pierre, en observant la jeune femme.
Iza se leva aussitôt et, croyant que c'était pour retourner près de lui que Pierre venait lui parler, que c'était à ce prix qu'elle obtiendrait la réalisation de son rêve, s'écria:
—Jamais…, jamais je ne le reverrai…
—Mais que t'a-t-il fait?
—Rien, et je le hais!… Il m'aime, et je le hais… Il m'adore, et je sens près de lui une répulsion que je ne peux vaincre… Il est beau! et je le trouve hideux… Il porte malheur à ceux qui l'approchent. C'est un Sterk… Il est un des fils du démon; pour être heureux, lorsqu'on le voit, il faut lui vouloir du mal… Il faut lutter toujours contre lui, pour éloigner le malheur qu'il vous jette… Jamais, jamais je ne le reverrai… J'aime mieux mes loques, mon pain dur, ma misère.
Sur le visage impassible de Pierre un sourire glissa:
—Rassieds-toi, Iza… C'est le bonheur que je t'apporte…, et écoute bien.
Iza, étonnée, reprit sa place aux pieds de Pierre, en disant, calme:
—Je vous écoute, maître…; mais j'ai eu peur!…