Iza fronça le sourcil. Comment? on avait payé sa dot!…

Pierre continua:

—Dans ton contrat, tu lui apportais une somme qu'il a jetée dans les affaires; mais cette somme est à toi. Si les affaires qu'il a entreprises ne réussissent pas, s'il est déclaré en faillite, sur les fonds en caisse d'abord, la part que tu as apportée te revient.

—Mais s'il ne l'a pas reçue…

—Je te répète encore que ton contrat dit que la signature donne quittance, le contrat est signé… Tu apportais un million… Sa signature atteste qu'il a reçu la somme.

Iza commençait à comprendre… Elle écoutait silencieuse, ne quittant pas Pierre du regard; celui-ci continua:

—Tu es riche, tu as apporté ta fortune, tu as apporté des espèces… Si ton mari est en banqueroute, l'argent qu'on trouverait chez lui… ou sur lui, te revient jusqu'à concurrence de la somme…, surtout si tu établis que tu n'as pas été sa complice, mais sa dupe…

Les yeux d'Iza avaient des éclairs…, et, la tête penchée, elle écoutait, le sourire aux lèvres, comme on écoute une chanson aimée… Pierre acheva:

—Or, les affaires sont régulièrement faites. S'il n'a pas touché exactement la somme du contrat, il en a touché la plus grande partie par un autre moyen… C'est toujours moi qui l'ai donnée… Me comprends-tu?

—Non, fit Iza franchement, en interrogeant Pierre de son regard clair fixé sur lui.