—Coupable envers vous, vous pouvez tout me dire… Mais, c'est là que votre droit s'arrête, et vous n'allez pas insulter ma femme…
—Je n'insulte pas les femmes, monsieur Séglin… Si vous voulez retrouver la vôtre, vous irez au bois, elle y va chaque jour… et comme Iza ne vous a jamais aimé…, s'il suffit pour vous détacher d'elle de savoir ce qu'elle est…, elle est prête à vous raconter la longue histoire de ses amours…
—Ah! je ne permettrai pas…
Et il se dressait menaçant.
—Qu'est-ce à dire?… fit Pierre en dirigeant sur lui le canon de son arme.
—Feu! feu donc! lieutenant, disait le matelot d'une voix sourde, car depuis qu'il était monté, il écoutait la scène, accoté au mur, les poings crispés, rageant de la générosité de son maître, maugréant…
—Il y a longtemps que ça serait fini… Ça se passe en conversation.
—Monsieur Séglin, je pourrais vous tuer; mais je vous condamne à la vie que vous vous êtes faite… d'autres ont charge de me venger.
Puis, prêt à se retirer, il lui dit:
—Si tu veux devenir un des nombreux adorateurs de ta femme, ton Iza demeure rue de Navarin. Sois heureux!… et Pierre sortit laissant le misérable écrasé.