«C'est toujours avec un nouveau plaisir que je me retrouve au milieu de vous.

«Depuis la dernière session, Brahma a daigné bénir nos efforts et notre prospérité n'a fait que s'accroître. Le commerce, l'agriculture, l'industrie ont fait des progrès prodigieux, dus surtout, nous devons le reconnaître, à l'initiative individuelle et à la liberté d'action dont vous jouissez.

«Mais un peuple n'est pas digne de la liberté lorsqu'il ne sait pas la défendre par les armes. J'ai dû repousser l'invasion d'un voisin ambitieux et perfide. Avec la permission et la protection de Brahma, j'ai su punir les traîtres et repousser l'ennemi. Il dépend encore de lui de faire la paix à des conditions honorables; mais s'il persiste dans son dessein, il subira la peine de son iniquité.

«Mon ministre de l'intérieur, Sougriva Sahib, est chargé de vous proposer un plan de budget. Vous remarquerez qu'il n'est question ni d'augmenter les impôts, ni d'en créer de nouveaux, ni d'émettre un emprunt. Grâce à Vichnou, malgré les charges que la guerre nous impose, le Trésor est encore rempli, et Sougriva Sahib est chargé de l'agréable mission de vous proposer la suppression de tous les impôts indirects dont la perception est si coûteuse.

«Citoyens libres du pays mahratte, que la sagesse du divin Vichnou préside à vos délibérations!»

Puis il présenta la belle Sita et le petit Rama à son peuple. Tout le monde cria:

«Longue vie au maharajah! Qu'il soit béni, lui et toute sa postérité!»

Et Corcoran rentra dans son palais.

Ces acclamations étaient sincère, et cependant l'orage grondait sur sa tête. Les zémindars qui l'avaient trahi comptaient plus d'un complice dans l'assemblée. L'inflexible justice de Corcoran lui faisait, parmi les grands seigneurs, des ennemis redoutables.

Au moindre revers on était prêt à proclamer sa déchéance. Heureusement la victoire récente qu'il avait remportée sur les Anglais intimidait ses adversaires.