Cependant les succès passés n'éblouissaient pas le maharajah. Il voyait fort bien que le peuple indou n'était pas encore prêt à la révolte, et, quoique incapable de craindre pour lui-même, il tremblait quelquefois pour sa femme et son fils.

Un matin, Baber vint lui faire sa cour.

Baber enrichi était maintenant un seigneur.

Il se présenta, la tête haute, le regard content, sincère, doux et calme, comme il convient à un honnête homme qui a fait fortune sur la grande route et au coin des bois.

«D'où sors-tu, chenapan? demanda le maharajah.

—Seigneur, dit Baber d'un ton modeste, j'ai reçu hier les cent mille roupies que vous avez daigné m'assigner sur le trésor de Votre Majesté.

—Et où vas-tu?

—Où Votre Majesté daignera m'envoyer.

—Ah! ah! Tu prends goût aux missions diplomatiques?... Eh bien, te sens-tu le courage de retourner au camp des Anglais?

—Pourquoi non, seigneur? Parce que je suis devenu riche, croyez-vous que je sois devenu poltron?