«Ali, dit le prince, fais sonner le boute-selle pour la cavalerie. Qu'avant une demi-heure tout le monde soit prêt à partir.»

En un clin d'oeil l'ordre fut exécuté; la trompette retentit dans les rues de la ville. Les cavaliers se rassemblèrent, et l'on se hâta de harnacher l'éléphant favori d'Holkar.

«C'est celui sur lequel elle aimait à monter, dit le malheureux père.... Toi, Sougriva, prends un cheval et sers-nous de guide.

—Au moins, seigneur, dit l'Indou, en échange du service que je vous rends, vous m'accorderez une grâce.

—Dix! cent! mille! la moitié de mes États si tu me fais retrouver ma fille! s'écria Holkar.

—Non, seigneur, je n'ai pas tant d'ambition. Ce que je veux, c'est la vie du lieutenant John Robarts.

—Tu veux sauver ce Feringhee?

—Moi! s'écria Sougriva en riant d'un rire sauvage, le sauver! Que je sois à jamais privé de la vue de Wichnou, si j'ai pensé à sauver un Anglais!

—Oh! alors, c'est facile, dit Holkar. Je te le donne, et dix autres avec lui.»

En même temps, pendant qu'on achevait les préparatifs du départ, il fit quelques questions à Sougriva sur la force et la position de l'armée anglaise.