«Qu'elle est belle! se disait-il. Elle rêve sans doute qu'elle est dans le palais de son père, et qu'elle a cent esclaves à son service.... Pauvre Sita! qui m'aurait dit avant-hier matin que j'aurais tant de bonheur à donner ma vie pour une femme?... Est-ce que je l'aime?... Bah! à quoi cela me servirait-il?... Allons, j'aurais mieux fait de chercher paisiblement le manuscrit des lois de Manou.»
Tout à coup, en regardant par la fenêtre, il lui vint une idée.
Les Anglais avaient déjà terminé leur toilette et allaient remettre leurs peignes et leurs brosses dans les porte-manteaux, lorsque Corcoran tira son mouchoir de sa poche et fit signe au factionnaire de s'approcher.
Celui-ci vint sous la fenêtre.
«Appelez M. John Robarts, dit Corcoran, j'ai une demande importante à lui faire.»
John Robarts s'approcha tout joyeux, croyant tenir ses dix mille livres sterling.
«Eh bien, dit-il d'un air de triomphe, vous voulez capituler, capitaine? Je savais bien que vous en viendriez là, tôt ou tard. Au reste, je ne vous ferai pas de trop dures conditions. Ouvrez seulement la porte, remettez-nous la fille d'Holkar et suivez-nous.... Je suis sûr que Barclay vous remettra en liberté en vous priant seulement de vous rembarquer pour l'Europe.... Au fond, Barclay est bon diable.»
Corcoran souriait.
«Ma foi, dit-il, mon cher Robarts, je suis bien aise de vous voir, vous et Barclay, dans ces dispositions; mais ce n'est pas cela dont il s'agit pour le moment. Vous avez ici-bas toutes vos aises, un clair ruisseau, des domestiques pour cirer vos bottes et battre vos habits. Seriez-vous assez bon pour me prêter....
—Parbleu! dit John Robarts, à qui l'aventure parut plaisante, tout ce que vous voudrez.»