Voici la lettre de Claudie:
«Vous m'accusez d'infamie! Vous me condamnez sans m'entendre et vous partez! Je vous le défends, monsieur! Je veux que vous connaissiez les vrais coupables! Après, vous partirez, car je ne vous reverrai jamais: vous avez douté de moi.
«CLAUDIE.»
Brancas lut ces lignes et se sentit ébranlé. Comme tous les amants, il désirait trouver sa maîtresse innocente.
«Cependant, j'ai vu! se dit-il. Que va-t-elle inventer pour sortir d'affaire. Cet Audinet est capable de tout, mais qui donc tenait l'échelle? Mme Bonsergent est malade et ne quitte pas le lit.... Suis-je aveugle ou insensé? Après tout, il sera toujours temps de partir?»
Sur ces sages réflexions, il fit seller un cheval, partit au galop et descendit à la porte du major. Claudie l'attendait, le prit par la main, et, sans dire un mot, le mit en présence de Catherine, qui répéta les explications qu'elle avait données.
«Eh bien?» dit Claudie, restée seule avec le Parisien.
Il se jeta à ses genoux et demanda pardon dans les termes les plus éloquents. Claudie demeura inflexible. C'était une âme fière, hautaine et obstinée, qui aimait mieux être brisée que plier, et qui ne pardonnait pas à son amant d'avoir douté d'elle.
«Claudie! s'écria Brancas, je vous adore. Qui n'eût douté comme moi devant ce terrible témoignage? Claudie, ayez pitié de mon désespoir.
—Adieu! dit-elle.