Notre ami passa le reste de la journée fort tristement. Alice ne parut pas au dîner et resta dans sa chambre avec la paisible Kate. Cornelius essaya de parler archéologie; mais Quaterquem ne l'écoutait pas, et bâillait impitoyablement au nez de la maison Hornsby, Harrison et Co. Quant à Harrison, il ne prononçait pas une syllabe. Le soir, comme le Breton cherchait partout un témoin pour son duel, il entra dans un café où l'armée française jouait au billard en buvant de l'absinthe, et discutant le mérite de la jeune Jenny, qui n'est pas la même que:

....Jenny l'ouvrière,

Au coeur content, content de peu.

Jenny était une aimable Solognote qui faisait le bonheur des officiers, sous-officiers et soldats du 75e de ligne, et qui jouissait à ce titre d'une grande popularité dans ce noble régiment.

De tous les officiers qui étaient dans le café, un seul ne prenait aucune part à la conversation. C'était un jeune homme à la moustache blonde, à la figure mélancolique, qui était assis les pieds appuyés sur la table, au niveau de son menton. Il fumait doucement en regardant le ciel, c'est-à-dire le plafond noirci qui était au-dessus de sa tête.

«Bon! voilà mon homme,» pensa Quaterquem.

Et il alla droit à lui.

«Monsieur, dit-il en le saluant poliment, voulez-vous me permettre de vous demander un petit service?»

Le jeune officier mit pied à terre, le regarda pendant quelques secondes, et, content sans doute de la physionomie de Quaterquem, lui répondit avec la même politesse:

«Asseyez-vous, monsieur, je vous prie, et contez-moi votre affaire.