—Monsieur reprit le Breton, voulez-vous avoir la bonté d'être mon témoin? Je me bats en duel demain matin avec un Anglais.
—Très-volontiers, monsieur. L'affaire peut-elle s'accommoder?
—En aucune façon.
—Encore mieux. Et, sans être trop curieux, pourrais-je vous demander...
—Pourquoi je veux tuer cet Anglais? Écoutez, je vous prie, et soyez juge entre nous.
—Garçon! cria l'officier, deux verres d'absinthe et des cigares. Monsieur, je suis à vous.
—L'Anglais et moi nous aimons la même femme. Or, ledit Anglais, qui est le premier en date, veut absolument l'épouser. Je l'ai prié poliment de partir. Il tient bon et ne veut pas lâcher prise. Que feriez-vous à ma place?
—Précisément ce que vous allez faire. Je le prierais de s'aligner avec moi et d'en découdre.
—Eh bien! monsieur, voilà toute la question. Avez-vous besoin de quelque autre éclaircissement?
—À quoi bon?