N'allez pas plus loin, c'est là.
Vous entrerez dans une allée sombre, vous monterez un étage, vous enfilerez un long corridor, vous monterez un autre étage, vous entrerez dans une antichambre qui donne sur un escalier; vous descendrez six marches, vous frapperez au mur, et vous descendrez encore six marches; vous en remonterez neuf et vous vous trouverez en face d'une porte secrète dont vous n'aurez pas la clef.
Ce n'est pas la peine d'aller chercher le portier, il n'y a pas de serrure.
Vous direz: Ce n'est pas ce que je demande; vous remonterez encore trois marches, et vous serez dans l'antichambre.
Là, pas un laquais ne viendra recevoir votre chapeau et vos gants, mais vous verrez une main qui, seule en l'air et détachée de tout corps visible, vous fera signe avec le doigt de la suivre.
Cette main est noueuse et ridée: on voit qu'elle a beaucoup souffert; c'est celle du vieil Alcofribas.
Elle vous fera signe d'entrer dans un cabinet poudreux, que le domestique du vieux magicien vient balayer tous les six cents ans par ordre de son maître.
Ne vous arrêtez pas à regarder les globes et les cartes astronomiques, ni la position relative des soleils, chose que vous verrez dessinée sur le mur; allez droit à la table où la main vous conduit, poussez le ressort d'une boîte en bois de cèdre.
La boîte s'ouvrira, et vous verrez le fameux manuscrit écrit dans la langue des anciens Sogdiens, que personne ne parle depuis le règne de Cyrus.
Vous ferez signe que vous ne comprenez pas.